Lola lit La longe

La longe c’est le lien qui retient Rose, seule, attachée au lit d’une cabane dans la montagne. Trois ans avant le début du roman, sa fille est morte accidentellement et depuis Rose sombre, elle perd pied et la tête ; la douleur l’a assiégée. Dès le début du roman, on sait ce qu’il s’est passé. Puis la vie de Rose se déroule ; une enfance heureuse dans la montagne avec Camill, son ami d’enfance qui deviendra son mari, entourée de ses grand-mères adorées, l’une montagnarde au fort tempérament qui tient le commerce du village et l’autre citadine plus conventionnelle. Et puis le drame quand sa maman se suicide alors que Rose a huit ans. Mais la fillette réussit à surmonter la douleur grâce à ses proches et décide d’être heureuse. Mais la mort de sa fille la plonge dans un gouffre dont elle n’arrive pas à sortir. Jusqu’à l’enfermement, la longe et cette voix féminine derrière la porte qui lui fait la lecture des grands textes. La beauté de ce qu’elle entend va le faire remonter à la surface.

La première partie du roman est dérangeante. Bien sûr, cette longe est un symbole, de ce qui tient, retient, contraint mais accompagne aussi et lie. Mais difficile de ne pas voir la violence inouïe de cette situation de domination. N’y avait-il pas d’autres moyens de ramener Rose à la vie ? La suite est moins perturbante, l’enfance de Rose dans les montagnes fait envie, la vie est agréable, les personnages sont lumineux et attachants. Un texte fort et profond sur la résilience, porté par l’écriture précise de l’autrice qui une fois encore nous plonge dans les tragédies de la vie (cf précédent et premier roman Sa préférée ♥ Prix Fnac 2022) et où il est dit que la littérature et les grands textes peuvent sauver une âme.


La longe / Sarah Jollien-Fardel – éd. Sabine Wespieser – janvier 2025 – 158 p.