« Le massacre de Tulle est un ensemble de crimes commis dans la ville de Tulle par la 2e division SS « Das Reich » le , trois jours après le débarquement en Normandie. Après une offensive des FTP, les et , au cours de laquelle les troupes allemandes perdent au moins 35 soldats, l’arrivée d’éléments de la « Das Reich » contraint les maquisards à évacuer la ville.
Le , après avoir raflé les hommes de 16 à 60 ans, les SS et des membres du Sipo-SD vouent 120 habitants de Tulle à la pendaison, dont 99 sont effectivement suppliciés. Dans les jours qui suivent, 149 hommes sont déportés à Dachau, où 101 perdent la vie. Au total, les crimes de la Wehrmacht, de la Waffen-SS et du Sipo-SD font 218 victimes civiles à Tulle. » in wikipedia
Hortense Chambel est enceinte et ce jour-là, de la fenêtre de l’appartement familial, elle regarde avec effroi le corps de son époux Albert se balancer au bout d’une corde accrochée à un balcon. C’est ce jour-là que choisit Louise pour naître. Le roman suit le destin des femmes de la famille Chambel sur trois générations : Hortense, narratrice de la première partie, veuve d’un supplicié, essaie de s’en sortir, d’élever ses trois enfants, de continuer à vivre malgré l’horreur. Louise grandit hantée par le massacre. Le silence qui l’entoure lui donne envie de hurler, de se battre, notamment pour punir le bourreau de son père, le nazi Heinz Lammerding qui, bien que condamné à mort par trois fois en France, coule des jours tranquilles à Dusseldorf, à la tête d’une entreprise florissante et participant activement à la propagande néonazie. Louise et d’autres enfants de suppliciés réclament vengeance ; leur vie devient un combat pour obtenir justice. Enfin la troisième partie est consacrée à Zoé, la petite fille d’Hortense, élevée par sa grand-mère, qui hérite de ce fardeau et doit trouver sa place entre silence et colère. C’est la montée de l’extrême droite en France qui va lui donner l’occasion de lutter contre la haine, elle devient militante antiraciste.
Un roman bouleversant, très bien construit et documenté. Les femmes, héroïnes du roman, se passent le flambeau de la mémoire jusqu’à nos jours, pour ne pas oublier que l’Histoire pourrait se répéter, qu’il faut rester vigilant et lutter. Le pont entre Hortense et Zoé est semé d’embûches mais les femmes sont courageuses et combatives, chacune comme elle peut. Un très bon roman sur la mémoire familiale, comment des générations peuvent être impactées par un traumatisme sans l’avoir vécu et ce qu’on choisit pour y faire face.
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Les filles du 9 juin / Maylis Besserie – Editions Grasset – aout 2026 – 464 pages

Le roman s’ouvre sur une fastueuse fête estivale, celle que donne Diane Schnabel, dans sa maison au bord de l’eau. Tout le monde sera là ! Un lieu chargé des souvenirs de l’enfance de ses deux fils Adam et Waldo, et d’Annabel et Olivia, les filles de son amie Eva Wilberforce. Et sans rien savoir encore de ce qui s’est joué là, on se doute que cette fête ne sera pas une nuit de réjouissances pour tout le monde mais celle des vérités, des secrets révélés et des règlements de comptes. Réunir ces gens-là n’est pas innocent !
Clément, le récit d’autofiction de Romain Lemire où il raconte son enfance et l’inceste que son père lui a fait subir ainsi qu’à ses frères, ses cousins et tant d’autres enfants. Un livre bouleversant, qui prend au tripes. Clément a 7 ans, lorsque André, professeur de français apprécié, rentre dans la chambre de son plus jeune fils, nu, et lui demande s’il veut savoir comment on fait les enfants. A sept ans dans les années 80, dans l’ignorance de l’enfance, comment mettre en doute la parole d’un père adoré. Alors Clément se retrouve à tripoter « la quéquette » paternelle, et à lécher ses bourses « poilues ». Cette première partie est assez déconcertante et m’a mise mal à l’aise ; les mots employés pour décrire des scènes d’une telle violences sont si naïfs, si innocents que mon cerveau d’adulte a eu du mal à supporter. Et puis Clément grandit, son langage change, le vocabulaire est plus cru, plus en adéquation avec les viols qui se répètent jusqu’à ses 14 ans, l’année du suicide du père après la révélation de l’inceste paternel par un des trois frères. Un inceste ordinaire dans une famille bourgeoise unie et cultivée, des grands-parents dans des maisons de campagne, des vacances familiales, des sorties culturelles au théâtre, au concert ; une enfance heureuse, raconte Clément. Mais l’inceste est une bombe à retardement et on retrouve Clément adulte qui cherche à rompre le silence dans lequel sa mère s’est enfermée, pour pouvoir vivre enfin, ses frères qui essaient de construire des familles et sa sœur Estelle qui dérive. Un livre à lire car l’inceste y est traité différemment, à hauteur d’enfant.
Ce sont ces lieux et ces évènements qui ont inspiré Charlotte McConaghy, l’autrice de l’excellent Les fantômes de Shearwater. Elle installe la famille Salt à Shearwater, une petite île déserte fictive perdue au milieu de l’océan Austral. Dominic, le père est le gardien de la réserve de semences mondiale, fonction qu’il assume seul depuis le départ de toute l’équipe à cause de la montée brutale des eaux. Lui et ses trois enfants Fen l’aînée, et ses frères Raff et Orly sont chargés de surveiller, choisir, préparer et mettre en sureté les graines à sauver en attendant le bateau qui les ramènera sur le continent. Mais la tempête gronde et l’île est inabordable. Sauf pour un canot de fortune qui recrache sur la plage une jeune femme qui va bouleverser l’équilibre précaire des Salt.
Juillet 1914. L’archiduc François-Ferdinand vient d’être assassiné à Sarajevo, la guerre gronde. Lucien Latour élève officier à Saint-Cyr, est fier de porter les couleurs de la France sur les traces de son grand-père, mort en héros sur le champ de bataille de Sedan en 1871. Mais alors que la mobilisation générale se prépare, il demande à un de ses camarades des archives militaires de retrouver les faits d’armes glorieux de son grand-père. Il découvre alors avec consternation que son aïeul a été fusillé par l’armée française. Sa grand-mère, épouse du traitre, entreprend alors de lui raconter enfin leur histoire.
Malheureusement, je ne peux pas vous dire grand chose car ce premier roman sortira en aout, mais on va en entendre parler parce que c’est une merveille ♥ Première lecture de la RL d’été et énorme coup de cœur, j’ai déjà envie de le relire !
M. L. Stedman est l’autrice d’
Un avis mitigé pour une lecture néanmoins intéressante que j’ai menée jusqu’au bout malgré certaines réticences. J’ai aimé la construction en trois actes (trois Virgules) contés à 2 voix, j’ai aimé suivre Chloé et Maxence à trois périodes de leur vie.